Alien : Covenant est souvent perçu comme une œuvre inachevée, un croisement frustrant entre la vision ambitieuse de Prometheus et le cinéma d’horreur spatial classique. Cette suite rêvée aurait dû approfondir les mystères de l’univers Alien, en cultivant l’intrigue autour d’Elizabeth Shaw, d’une planète des Ingénieurs vibrante, et d’un bestiaire extraterrestre complexe. Au lieu de cela, ce film culte souffre d’arbitrages artistiques et commerciaux qui ont réduit sa portée.
Nous allons explorer ensemble :
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- La version originale d’Alien : Covenant, avec son scénario et ses visuels étendus.
- Le traitement de personnages clés comme Elizabeth Shaw, abandonnée dans la narration.
- Le trésor visuel et biologique perdu, notamment la faune imaginée par Carlos Huante.
- Des choix narratifs qui ont transformé le propos philosophique en simple film d’horreur.
- Les conséquences pour la franchise Alien et son avenir incertain en 2026.
Découvrons pourquoi cette suite puissante et inédite est restée au stade de projet, tout en comprenant son impact sur la saga et ses fans.
Table des matières
- 1 Alien : Covenant, une suite emblématique promise, mais jamais dévoilée au cinéma
- 2 Une planète des Ingénieurs édulcorée face à une vision artistique innovante
- 3 Le scénario et le climax sacrifiés au profit d’une horreur conventionnelle
- 4 L’avenir d’une saga tiraillée entre ambitions et exigences commerciales
- 5 À propos de l'auteur
Alien : Covenant, une suite emblématique promise, mais jamais dévoilée au cinéma
Alien : Covenant devait initialement prolonger l’aventure commencée par Prometheus en suivant de près Elizabeth Shaw, incarnée par Noomi Rapace. Son histoire captivante d’exploration de nos origines extraterrestres représentait le cœur battant de cette suite, centrée sur la planète mystérieuse des Ingénieurs et leurs secrets. Le film original imaginé présentait :
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- Une planète riche en couleurs et en vie exotique, créée pour impressionner visuellement.
- Des interactions approfondies entre Shaw et l’androïde David, mettant en lumière une relation complexe faite de confiance et de trahison.
- Un bestiaire inédit et terrifiant, incluant des créatures telles que Bug, l’alien pitbull, et des animaux aux anatomies dérangées, conçus par Carlos Huante.
Cette version originale promettait un voyage mêlant science-fiction, horreur spatiale et questionnements métaphysiques.
Elizabeth Shaw : d’héroïne centrale à cadavre marginalisé
La destinée d’Elizabeth Shaw illustre parfaitement la dégradation de cette suite rêvée. Dans Prometheus, elle partait en quête de réponses à travers l’espace, accompagnée de David. Dans le scénario initial d’Alien : Covenant, Shaw survivait et jouait un rôle déterminant, notamment en aidant les survivants du Covenant depuis la planète des Ingénieurs.
Mais à l’écran, elle disparaît en quelques secondes, réduite à un cadavre disséqué et mentionnée à peine dans un flashback. Cet abandon narratif traduit une véritable trahison du personnage, rejeté par des remaniements imposés probablement par des enjeux commerciaux et la priorité donnée aux figures déjà installées comme Fassbender.
Le concepteur Carlos Huante souligne l’importance de cette décision : « Ma femme et ma belle-mère adoraient Shaw et l’actrice. C’était dommage de ne pas la faire revenir, car elle était censée être au centre de l’histoire. »
Une planète des Ingénieurs édulcorée face à une vision artistique innovante
Le premier Prometheus avait frappé par son esthétique biomécanique, mystérieuse et fascinante. Alien : Covenant devait approfondir cette vision avec un environnement extraterrestre plus riche :
- Une planète au paysage foisonnant, coloré, où la biodiversité exhibait un mélange d’organismes étranges et captivants.
- Des Ingénieurs plus imposants et énigmatiques, une civilisation prête à livrer ses secrets.
- Un cadre fantastique, s’éloignant du simple film de monstre pour tendre vers une aventure plus spectaculaire.
Pourtant, cette planète s’est transformée en une nécropole grise et stérile, un décor aseptisé et trop terrestre, perdant l’essence même de la fascination cosmique.
Le bestiaire biologiquement innovant disparu
Un des plus grands atouts de la version avortée concernait l’écosystème créé par David. Au lieu de simples spores, l’androïde aurait conçu un véritable jardin d’horreurs biologiques :
- Bug, l’alien pitbull, animal de prédilection libre sur la planète.
- Des créatures aux mâchoires pleines de dents attachées à des doigts, une vision inimaginable illustrant l’évolution déformée.
- Des Neomorphes, des créatures-ratés multifacettes, ainsi que le Xénomorphe primitif et une créature géante d’Ingénieur.
Ce bestiaire aurait offert une profondeur nouvelle à l’univers Alien, préfigurant la complexité évolutive de cet écosystème hostile.
Le scénario et le climax sacrifiés au profit d’une horreur conventionnelle
La rencontre entre Shaw et David était d’une richesse dramatique inouïe, explorant l’ambiguïté de la confiance et la trahison, avec la destruction massive des Ingénieurs orchestrée par David après un pacte trompeur. Cette séquence, prévue pour la première partie du film, a été réduite à une vidéo promotionnelle invisible pour le grand public.
Quant à la fin, elle devait opposer un Xénomorphe primordial aux Neomorphes dans un combat chaotique où la créature devenait l’ultime nettoyeur de la planète par auto-destruction. Ce concept philosophique, d’une arme biologique auto-destructrice, a disparu dans la version commerciale préférant une horreur plus balisée et accessible.
Tableau : Comparatif entre la version originale et le film final d’Alien : Covenant
| Aspect | Version originale prévue | Version finale sortie en 2017 |
|---|---|---|
| Personnage principal | Elizabeth Shaw, espionne centrale | Shaw réduite à un cadavre, rôle mineur |
| Planète des Ingénieurs | Environnement coloré, biodiversité riche | Décor aseptisé, gris et stérile |
| Bestiaire extraterrestre | Créatures variées (Bug, Suricates dentés, Neomorphes) | Créatures limitées, peu développées |
| Thème narratif | Exploration philosophique, confiance et trahison | Horreur convenue et action simplifiée |
| Climax | Combat entre Xénomorphe primitif et Neomorphes | Fin centrée sur la survie des humains |
L’avenir d’une saga tiraillée entre ambitions et exigences commerciales
Ce projet avorté illustre les dilemmes auxquels fait face la franchise Alien, aujourd’hui propriété de Disney. Alors que la série Alien : Romulus en 2024 a choisi de revenir à une horreur classique, les interrogations soulevées par Prometheus et sa suite devenue mythique ne trouvent toujours pas de réponses :
- Qui sont exactement les Ingénieurs et quels sont leurs véritables objectifs ?
- Comment combiner la richesse métaphysique avec le rythme d’un film d’horreur efficace ?
- Comment redonner vie à des personnages comme Elizabeth Shaw dans un univers en évolution ?
Ces questions restent des défis pour 2026, une année où la science-fiction et l’horreur dans l’espace se réinventent, mais où le cinéma Alien doit encore tracer la bonne voie.
